Flobecq; La Commune la Mieux Gerée de Wallonie!

Publié le par Parti Socialiste

Wallonie: le palmarès des communes bien gérées

Votre commune est-elle efficace? Votre impôt et celui de vos voisins sont-ils alloués aux meilleurs usages possibles? Sans doute, si vous habitez Flobecq, Rumes, Ottignies-Louvain-la-Neuve ou encore Habay, entités classées dans le top 10. Sur la base des recettes ordinaires par habitant et d'une quinzaine d'autres indicateurs, deux économistes de l'UCL se sont en effet risqués à comparer et à classer les performances des communes wallonnes. Une première, à ne pas considérer comme un palmarès des... bourgmestres!

Sombreffe
Quelles sont les communes les mieux gérées de Wallonie? Les bourgmestres et échevins les plus compétents, les plus soucieux de l'intérêt général? Des questions qui tuent, qui sentent le souffre. Et qu'on préfère éluder. Le sujet serait trop délicat, trop propice aux dérapages, aux règlements de compte politiques et autres. Loin de toute polémique, n'y aurait-il pas, pourtant, un intérêt à mesurer l'efficacité d'une gestion communale, dans le souci d'allouer les ressources, généralement rares, aux meilleurs usages possibles? Sans vouloir réclamer le scalp du bourgmestre: une gestion communale relève en effet de la responsabilité collective d'un collège échevinal, de conseillers communaux, d'employés... Sans oublier, non plus, que les compétences communales sont souvent enchevêtrées, intrinsèquement liées à d'autres niveaux de pouvoir: province, Région, etc. Néanmoins, même si la gestion communale est un art difficile et complexe, n'y aurait-il pas moyen, au-delà des particularismes locaux, de mettre au point un mécanisme d'évaluation, qui ne serait pas une "bible" sacro-sainte, mais un outil parmi d'autres? Il permettrait d'identifier des exemples de bonnes pratiques qui pourraient faire école. Il fournirait aux communes l'occasion de repérer leurs points forts et les autres, plus faibles. Bref, de faire progresser le bien-être des citoyens.

En Grande-Bretagne, on a répondu à la question depuis longtemps. Il y existe une tradition de comparaison de performances dans le secteur public. Des classements d'écoles, d'universités, d'hôpitaux, etc., sont disponibles sur Internet A l'intention du candidat bâtisseur ou du futur propriétaire, des sites immobiliers prévoient un lien direct avec un palmarès des indicateurs communaux de conditions de vie.

Mais l'intérêt pour la méthode anglo-saxonne de "ranking" est désormais international. Ainsi, les enquêtes successives Pisa (Programme international pour le suivi des acquis) de l'OCDE (Organisation de coopération et de développement économiques, le "bureau d'études" des pays développés) se sont penchées sur les compétences des élèves de 15 ans en lecture, en mathématique et en sciences dans les pays industrialisés. Les piètres résultats de nos jeunes Wallons et Bruxellois sont à l'origine du "contrat pour l'école", censé améliorer le niveau de l'enseignement en Belgique francophone.

Il n'empêche qu'il subsiste, chez nous comme dans d'autres pays, plus qu'une frilosité à l'égard de ce type de démarche. Les réticences sont d'ordre idéologique, politique et scientifique. Par exemple, le palmarès international des universités, réalisé depuis trois années consécutives par l'université Jiao Tong de Shanghai, récolte, à chaque édition, son lot de critiques, spécialement de la part de ceux qui s'y trouvent mal classés. Même si, en réalité, il ne fait que confirmer la suprématie des universités américaines et des campus britanniques, ce que peu de monde conteste.

Faire mieux avec moins
"Mais les classements les plus intéressants tiennent compte des moyens disponibles et cherchent à savoir si l'on peut faire mieux avec m
oins", observe, un rien provocateur, Jean Hindriks, professeur d'économie à l'Université catholique de Louvain (UCL). Dans la publication Regards économiques d'avril dernier, celui qui est aussi codirecteur du Core (Center for Operations Research and Econometrics), un centre international de recherche interdisciplinaire, a argumenté en faveur de "la concurrence entre gouvernements: un impératif de bonne gestion publique". Sa thèse? "Un gouvernement est responsabilisé quand les électeurs peuvent discerner s'il agit dans leur intérêt et le sanctionner convenablement s'il ne le fait pas." Cela supposerait que les électeurs disposent de critères de performances pour évaluer les gouvernements. Les comparaisons qui en découleraient accroîtraient, selon Hindriks, le contrôle démocratique tout en répondant à un souci de transparence. Se basant sur des études empiriques réalisées à l'étranger, le professeur de l'UCL soutient "qu'une concurrence accrue tend à limiter les dépenses publiques". Reste qu'il est difficile de jauger, de façon rigoureuse, la qualité des services publics fournis localement.

Malvira la sorcière a sa statue à Flobecq.
C'est cependant le travail auquel s'est attelé Jean Hindriks, avec le chercheur en économie François Gérard. Dans le numéro d'octobre de Regards économiques (1), ils livrent un "Palmarès des communes en Wallonie: une approche en termes d'efficacité". C'est la première évaluation de ce type de la bonne gouvernance dans le sud du pays.

La méthodologie de Hindriks et Gérard? Les économistes sont partis de la définition des compétences de base donnée par l'Union des villes et des communes (lire aussi en page). Ils ont ensuite collecté et retenu les chiffres qui peuvent fournir une indication pertinente sur la bonne exécution des compétences communales, regroupées en cinq familles(services administratifs, voiries et transports, enseignement, services sociaux et médicaux, environnement et propreté). Enfin, les économistes de l'UCL ont mis les performances de chaque commune en regard avec les recettes ordinaires par habitant dont elle dispose, ce qui n'a été possible que pour 248 des 262 entités wallonnes. Et ils les ont comparées entre elles, en appliquant la méthode dite de dominance (lire l'explication de la méthodologie en page).

Résultats? Deux communes se démarquent nettement des autres: Flobecq et Rumes, toutes deux dans le Hainaut occidental, font mieux, sur les cinq familles d'indicateurs, avec moins de recettes, que, respectivement, 36 et 34 autres pouvoirs locaux. Cela ne veut donc pas dire qu'elles affichent les meilleures performances en tout. Au contraire. Rumes, par exemple, décroche une seule première place pour ses voiries et ses transports. Flobecq ne se classe même jamais parmi les dix premiers dans aucune des cinq sous-catégories. Mais elles ont le mérite d'utiliser plus efficacement les deniers disponibles.

Derrière ces élèves modèles se profilent quatre autres entités qui méritent une mention spéciale: toujours selon la méthode de dominance, Ottignies-Louvain-la-Neuve, dans le Brabant wallon, fait mieux avec moins de moyens que 27 communes; Habay, dans le Luxembourg, supplante 26 entités; Theux, en province de Liège, en dépasse 23 et Spa, sa voisine, 20. Mais une vingtaine d'autres communes arrivent à en dominer dix ou plus, ce qui reste une très bonne performance. C'est la province de Liège puis celle de Hainaut qui parviennent à afficher le plus grand nombre de communes dans les premières places. Une question de probabilité sans doute, puisque ces deux provinces comptent aussi le plus grand nombre de pouvoirs locaux.

Contre-exemple: avec ses 27 communes, le riche Brabant wallon ne hisse qu'une seule d'entre elles, Ottignies-Louvain-la-Neuve, dans le trio de tête, et sa 10e meilleure entité, Tubize, occupe seulement le 60e rang au classement wallon. Il ne s'agit en effet pas d'un palmarès du bien-être. "Il n'y a pas de corrélation entre les revenus des habitants d'une commune et sa place dans le classement", explique Hindriks. Ainsi, Lasne qui compte les revenus par habitant les plus élevés de Wallonie selon les déclarations fiscales de 2001, doit se contenter dans le palmarès wallon de la gestion communale d'une 60e position. A l'inverse, une ville ou un village avec une population "modeste" peut être bien gérée. Par exemple, Rendeux, dans le Luxembourg, est lanterne rouge en matière de revenu moyen par déclaration (2001). Mais, dans le palmarès de la gestion communale, elle grimpe quand même au 82e rang, ce qui est tout à fait honorable.

Il n'existe pas davantage de rapport entre le nombre d'habitants et la place dans le classement. Autrement dit, les petits villages ne sont pas systématiquement mieux administrés que les villes. Outre Ottignies-Louvain-la-Neuve et ses 30 000 habitants dans le trio de tête, Ath, dans le Hainaut, et Wavre, dans le Brabant wallon, se glissent aussi en 10e et 11e positions. Même Liège, l'une des métropoles wallonnes, décroche une 98e place, clairement au-dessus de la moyenne wallonne.

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Publié dans Flobecq

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